Lundi 6 octobre 2008
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Dimanche 14 sept
J'ai pris mon courage à deux mains car il faisait très chaud, certainement la plus
forte chaleur que j'ai subie depuis mon arrivée, pour aller visiter la partie la plus ancienne de la ville, le quartier copte. Ici, "copte" veut dire chrétien. Les chrétiens protestants, comme
ceux de mon école, comme les catholiques, sont aussi des coptes. Et comme les vrais coptes (orthodoxe) sont majoritaires, tous les chrétiens d'Egypte suivent le calendrier orthodoxe pour
faire masse dans ce pays musulman. Je passerai donc certainement Noël, le nôtre, toute seule ! Avis aux amateurs qui voudraient me rendre visite à ce moment là, je serai en vacances au moins 3
semaines.
D'abord je n'avais pas compris que le vieux Caire se trouvait plus bas que le niveau de la rue qui l'entoure.
Donc en sortant du métro, j'ai visité l'église qui se trouvait en face, l'église de la
vierge ou église "suspendue" car elle est en hauteur, avec une bonne volée de marches, car construite sur les murailles romaines. Elle date du 4e siècle pour sa partie la plus ancienne et c'est
un petit bijoux de travail de marqueterie : de la dentelle de bois incrustée d'ivoire. Il y a aussi de très belles icônes et un jardin intérieur bien agréable avec la grosse chaleur. Après la
visite, je suis donc sortie voir les murailles romaines sur lesquelles l'église est bâtie et j'ai continué de marcher, mais dans le mauvais sens ! J'ai donc fait, toujours sous le soleil, le tour
des cimetières chrétiens, immenses, en cherchant en hauteur, à découvrir des clochers, et je ne voyais au loin que des minarets. Il a fallu, au retour, que je tombe sur un escalier qui descendait
sous un immense mur pour m'apercevoir que tout se passait en dessous ! C'est aussi ici qu'il y a la plus vieille synagogue du Caire. Encore plus gardée que l'est le reste du quartier par la
police que l'on trouve à tous les coins de rue. En sortant, il était trop tard pour visiter le musée, car ici, ramadan oblige, tout ferme bien plus tôt que d'habitude. Je
reviendrais...
Lundi 12
Visite obligée d'une partie d'Héliopolis, la ville du baron Empain, construite fin 19e au nord-est du Caire. Hélas, samedi, je suis tombée, non pas à cause de ces trottoirs pour géants mais du
sable qui s'y trouvait et sur lequel j'ai glissé. Et mes lunettes toutes neuves se sont cassées ! j'ai donc appelé Salwa, une amie égyptienne de Corine qui travaille au CFCC, pour lui demander de
me conseiller un opticien, et elle m'a conduite chez le sien dans le quartier d'Héliopolis ! Il y a encore plein de trace du passage des francophones qui s'y sont installés. Nom des magasins, de
rues, etc. Quelle différence avec le quartier très populaire de Ramses où j'habite ! Des magasins de luxe en enfilades, des avenues immenses bordées de verdures bien entretenues, des très beaux
immeubles, sans compter les superbes demeures du début du 20 e siècle. L'air y circule et le quartier semble bien plus sain que ceux du centre du Caire ! Donc, maintenant j'ai une nouvelle
monture, dont je me serais bien passée.
Le soir, dîner chez Corine qui avait invité Anne Catherine, son ancienne collègue d'il y a deux ans revenue avec
sa famille pour lui faire découvrir ce pays qu'elle aime tant. Cela m'a fait plaisir de "voir du monde" après 5 jours à ne parler qu'avec Shaby.
Mardi 13
Anne Catherine m'a conviée à aller ce matin voir "les chiffonniers" dans leur
quartier, le Moqattam. C'est là qu'il y a eu l'éboulement de la colline le lendemain de mon arrivée. C'est surprenant de voir une ville, accolée à la colline, construite sur un immense tas
d'ordure, avec des personnes de tout âge entrain de trier, porter et stoker des immenses sacs plein de matériaux récupérés !
Soeur Emmanuelle et ses successeurs ont fait un travail remarquable : écoles, ateliers de couture et de tissage pour les filles, travail de recyclage du papier et des métaux pour les garçons.
Notre chauffeur de taxi n'était pas très rassuré. Il découvrait le quartier, comme moi ! Il paraît que les Carïottes n'y vont pas ! Mais c'est vrai que l'odeur est persistante et qu'il vaut mieux
y aller avec des chaussures fermées!
J'ai acheté quelques souvenirs dans la boutique de l'association d'aide aux chrétiens. Il y a vraiment de très jolis choses. Peut-être pas aussi bien réalisées que celles que l'on peut trouver au
souk mais c'est pour la bonne cause !
Mercredi et jeudi
J'ai fait le souk, tout au moins une partie, juste avant l'iftar. Ambiance
extraordinaire ! Imaginez des ruelles étroites, bordées d'échoppes et encombrées de présentoirs, au milieu desquelles on arrive quand même à installer des tables mises bout à bout. Et assis tout
autour, des femmes et des enfants en majorité, face à une assiette dans laquelle il y a un pain égyptien et quelques légumes cuits. Ce sont les commerçants qui offrent aux pauvres et aux
personnes âgées le repas de l'iftar. Comme j'avais ma robe longue en lin gris qui ressemble ici à une robe de bonne soeur, on m'a proposé de m'asseoir à une table ! Ce que je n'ai pas fait ! Et
quand arrive la fin de la prière du coucher du soleil, tout le monde se précipite sur sa bouteille d'eau et son assiette. Ensuite les commerçants offrent aux passants des sucreries ou des dattes
en signe de partage. Et là j'ai accepté !
Le jeudi, après l'iftar, j'ai fait traverser le même quartier à Corine qui voulait acheter des cadeaux dans "son"
souk, qui se trouve dans le quartier des tissus, plus au sud. Tissus de tente, et "appliqués" qui est une spécialité égyptienne. Il s'agit d'une sorte de patchwork. On superpose des couches de
tissus de couleurs pour obtenir soit des motifs en rosace, ou floraux ou encore des animaux, ou, fin du fin, de la calligraphie. C'est très décoratif. En bon commerçant, le vendeur
de Corine
m'a écrit mon prénom en arabe de différentes manières, dès fois que
je me laisserais tenter !
L'activité du souk est extraordinaire après 20 h. Les gens sont en forme après un bon repas, pour sortir et s'activer. Et il fait un peu plus frais. Il y a foule partout et chacun fait
ses courses, comme nous le ferions en pleine journée ! Les magasins, même en temps normal, ferment au plus tôt à minuit.