Mardi 16 septembre 2008 2 16 /09 /Sep /2008 18:51

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Par christiane
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Mercredi 17 septembre 2008 3 17 /09 /Sep /2008 13:48

4 sept 2008
Partie en pleine nuit, après une heure de sommeil, pour 12 heures d'aventure épuisantes (3 changements d'avion plus l'escale de Poitiers), avec trois grands sacs et celui du chat, je suis arrivée au Caire tout naturellement KO.  Un vrai parcours de combattant. Shaby se souviendra de son baptême de l'air ! Et c'est dans un état semi-comateux que j'ai découvert la ville, dans un halo de poussière, et sans même me rendre compte qu'il y faisait très chaud.

Installation dans un petit deux pièces, tout prêt, dont l'immeuble se trouve dans l'enceinte du Rames College for Girls, lui- même dans le quartier Ghamra au nord-est de la gare.
Le lendemain, après une bonne  nuit de sommeil, le chat avait recouvré ses forces, ravi de ne plus être agressé par les gros matous de St  Georges, ni d'avoir à subir les assauts du petit chat du voisin, ni le passage des ouvriers et des amis, en un mot, heureux d'être  enfin seul avec sa maîtresse...Mais moi, j'avais peu récupéré et n'ai guère bougé de la journée, ni fait de rangement...
Les deux jours suivants ont été consacrés aux démarches administratives, guidée par ma collègue du Caire, Corine : consulat pour l'enregistrement, Centre culturel français pour demander le visa pour Assiout et pour faire la connaissance de mes interlocuteurs. J'ai pris le métro, bondé, mais dont 2 wagons sont réservés aux femmes, et j'ai eu un vague aperçu des deux quartiers du centre : bruit, poussière et circulation plutôt anarchique où le piéton semble être avant tout la cible du conducteur !

Et puis, dès lundi, au travail, ou tout au moins j'ai assisté au premier stage de l'année de tous les professeurs de français des écoles du Synode du Nil. Il était organisé par mes deux collègues Corine et Samuel et réunissait une petite cinquantaine de personnes. Dur dur de commencer à l'heure et de se faire entendre dans un brouhaha presque constant ! Ces trois jours, qui ne comprenaient que 4 heures de cours, m'ont épuisée...Cependant tous les participants sont d'une grande gentillesse et j'ai fait la connaissance des 15 professeurs d' Assiout qui m'attendent avec impatience.

Par christiane
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Lundi 6 octobre 2008 1 06 /10 /Oct /2008 10:18

Jeudi 11 sept

Avec le plan que Samuel m'a prêté, comme d'habitude lorsque je me trouve dans une nouvelle ville, je suis partie  à pied explorer les rues avoisinantes. Un après midi entier à escalader, le terme n'est pas trop fort, les trottoirs, vu qu'ils font au minimum 50 cm de haut, et à découvrir de petits marchés couverts ou installés en pleine rue, des maisons ou immeubles en pierres de taille, de tout style, qui ont eu leurs heures de gloire il y a certainement longtemps. Quel dommage de les laisser ainsi se dégrader ! Il paraît que la municipalité attend qu'ils soient complètement insalubres pour pouvoir les démolir et construire d'affreuses cages à poules, certainement branlantes en cas de tremblement de terre, mais qui logeront 3 fois plus de monde. Et ainsi disparaîtra peu à peu l'historique de la ville.


vendredi 12 sept
Je m'aventure un peu plus loin, toujours à pied. La ville, bien que très poussiéreuse et pas toujours très propre, est assez fascinante. J'arrive jusqu'au quartier islamique du Caire. Portes du nord impressionnantes qui transportent le visiteur à une autre époque. C'est tout juste si l'on ne se retourne pas pour regarder où en est la caravane qui vient de nous amener !  Elles permettent d'accéder à ce quartier par deux rues. Rues est un bien grand mot ! Il est difficile de regarder où l'on met ses pieds tout en portant ses regards vers les magnifiques minarets, maisons et édifices dont certains sont en voie de réstauration, d'autres déjà retapés et la majorité en attente de l'être.  C'est un vrai plaisir des yeux.
Un peu moins du nez car les poubelles sont entassées dans des recoins, à la vue de tous, et avec 38 °....
Je suis arrivée jusqu'au souk peu avant l'iftar (moment de la rupture du jeûne, au coucher du soleil), donc les boutiques fermaient peu à peu à mesure que l'heure approchait. Comme j'avais lu dans mon guide qu'un parc pas très loin dominait la ville, j'ai dirigé mes pas vers une entrée indiquée sur le plan. Malheureusement elle avait disparue derrière une palissade de travaux ! J'ai dû donc faire tout le tour, soit près de 2 km, pour accéder jusqu'à la porte principale.

J'ai payer 5 guinées l'entrée et me suis précipitée au sommet pour arriver à temps pour le coucher de soleil. D'abord ce qui m'a surprise le plus c'est le calme du lieu : loin de la circulation pas de klaxon, et aussi la fraîcheur de la bise.
 
Tout d'un coup, venant de toute la ville, le chant de la prière de la fin du jeûne.  Un à un les minarets se sont illuminés. J'étais captivée par le spectacle et l'atmosphère qui l'accompagnait.  Hélas, j'étais toute seule, et ne pouvais partager le bonheur qui m'envahissait d'être là, devant cette ville, que j'espérais avoir le temps de visiter et de mieux connaître. Toute seule mais bien entourée d'une multitude d'Egyptiens qui étaient venus pique-niquer au frais.

Par christiane
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Lundi 6 octobre 2008 1 06 /10 /Oct /2008 11:31

 Dimanche 14 sept

J'ai pris mon courage à deux mains car il faisait très chaud, certainement la plus forte chaleur que j'ai subie depuis mon arrivée, pour aller visiter la partie la plus ancienne de la ville, le quartier copte. Ici, "copte" veut dire chrétien. Les chrétiens protestants, comme ceux de mon école, comme les catholiques, sont aussi des coptes. Et comme les vrais coptes (orthodoxe) sont majoritaires, tous les chrétiens d'Egypte suivent le calendrier orthodoxe pour faire masse dans ce pays musulman. Je passerai donc certainement Noël, le nôtre, toute seule ! Avis aux amateurs qui voudraient me rendre visite à ce moment là, je serai en vacances au moins 3 semaines.


D'abord je n'avais pas compris que le vieux Caire se trouvait plus bas que le niveau de la rue qui l'entoure.
Donc en sortant du métro, j'ai visité l'église qui se trouvait en face, l'église de la vierge ou église "suspendue" car elle est en hauteur, avec une bonne volée de marches, car construite sur les murailles romaines. Elle date du 4e siècle pour sa partie la plus ancienne et c'est un petit bijoux de travail de marqueterie : de la dentelle de bois incrustée d'ivoire. Il y a aussi de très belles icônes et un jardin intérieur bien agréable avec la grosse chaleur. Après la visite, je suis donc sortie voir les murailles romaines sur lesquelles l'église est bâtie et j'ai continué de marcher, mais dans le mauvais sens ! J'ai donc fait, toujours sous le soleil, le tour des cimetières chrétiens, immenses, en cherchant en hauteur, à découvrir des clochers, et je ne voyais au loin que des minarets. Il a fallu, au retour, que je tombe sur un escalier qui descendait sous un immense mur pour m'apercevoir que tout se passait en dessous ! C'est aussi ici qu'il y a la plus vieille synagogue du Caire. Encore plus gardée que l'est le reste du quartier par la police que l'on trouve à tous les coins de rue. En sortant, il était trop tard pour visiter le musée, car ici, ramadan oblige, tout ferme bien plus tôt que d'habitude. Je reviendrais...
 
Lundi 12









Visite obligée d'une partie d'Héliopolis, la ville du baron Empain, construite fin 19e au nord-est du Caire. Hélas, samedi, je suis tombée, non pas à cause de ces trottoirs pour géants mais du sable qui s'y trouvait et sur lequel j'ai glissé. Et mes lunettes toutes neuves se sont cassées ! j'ai donc appelé Salwa, une amie égyptienne de Corine qui travaille au CFCC, pour lui demander de me conseiller un opticien, et elle m'a conduite chez le sien dans le quartier d'Héliopolis ! Il y a encore plein de trace du passage des francophones qui s'y sont installés. Nom des magasins, de rues, etc. Quelle différence avec le quartier très populaire de Ramses où j'habite ! Des magasins de luxe en enfilades, des avenues immenses bordées de verdures bien entretenues, des très beaux immeubles, sans compter les superbes demeures du début du 20 e siècle. L'air y circule et le quartier semble bien plus sain que ceux du centre du Caire ! Donc, maintenant j'ai une nouvelle monture, dont je me serais bien passée.

Le soir, dîner chez Corine qui avait invité Anne Catherine, son ancienne collègue d'il y a deux ans revenue avec sa famille pour lui faire découvrir ce pays qu'elle aime tant. Cela m'a fait plaisir de "voir du monde" après 5 jours à ne parler qu'avec Shaby.

 

Mardi 13
Anne Catherine m'a conviée à aller ce matin voir "les chiffonniers" dans leur quartier, le Moqattam. C'est là qu'il y a eu l'éboulement de la colline le lendemain de mon arrivée. C'est surprenant de voir une ville, accolée à la colline, construite sur un immense tas d'ordure, avec des personnes de tout âge entrain de trier, porter et stoker des immenses sacs plein de matériaux récupérés !
Soeur Emmanuelle et ses successeurs ont fait un travail remarquable : écoles, ateliers de couture et de tissage pour les filles, travail de recyclage du papier et des métaux pour les garçons. Notre chauffeur de taxi n'était pas très rassuré. Il découvrait le quartier, comme moi ! Il paraît que les Carïottes n'y vont pas ! Mais c'est vrai que l'odeur est persistante et qu'il vaut mieux y aller avec des chaussures fermées!
J'ai acheté quelques souvenirs dans la boutique de l'association d'aide aux chrétiens. Il y a vraiment de très jolis choses. Peut-être pas aussi bien réalisées que celles que l'on peut trouver au souk mais c'est pour la bonne cause !

Mercredi et jeudi


J'ai fait le souk, tout au moins une partie, juste avant l'iftar. Ambiance extraordinaire ! Imaginez des ruelles étroites, bordées d'échoppes et encombrées de présentoirs, au milieu desquelles on arrive quand même à installer des tables mises bout à bout. Et assis tout autour, des femmes et des enfants en majorité, face à une assiette dans laquelle il y a un pain égyptien et quelques légumes cuits. Ce sont les commerçants qui offrent aux pauvres et aux personnes âgées le repas de l'iftar. Comme j'avais ma robe longue en lin gris qui ressemble ici à une robe de bonne soeur, on m'a proposé de m'asseoir à une table ! Ce que je n'ai pas fait ! Et quand arrive la fin de la prière du coucher du soleil, tout le monde se précipite sur sa bouteille d'eau et son assiette. Ensuite les commerçants offrent aux passants des sucreries ou des dattes en signe de partage. Et là j'ai accepté !

Le jeudi, après l'iftar, j'ai fait traverser le même quartier à Corine qui voulait acheter des cadeaux dans "son" souk, qui se trouve dans le quartier des tissus, plus au sud. Tissus de tente, et "appliqués" qui est une spécialité égyptienne. Il s'agit d'une sorte de patchwork. On superpose des couches de tissus de couleurs pour obtenir soit des motifs en rosace, ou floraux ou encore des animaux, ou, fin du fin, de la calligraphie. C'est très décoratif. En bon commerçant, le vendeur de Corine m'a écrit mon prénom en arabe de différentes manières, dès fois que je me laisserais tenter !

L'activité du souk est extraordinaire après 20 h. Les gens sont en forme après un bon repas, pour sortir et s'activer. Et il fait un peu plus frais. Il y a foule partout et chacun fait ses courses, comme nous le ferions en pleine journée ! Les magasins, même en temps normal, ferment au plus tôt à minuit.

 

Par christiane
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Lundi 6 octobre 2008 1 06 /10 /Oct /2008 12:06

Je n'ai pas encore adopté de petit chat cariotte pour tenir compagnie à Shaby. Ces chats , bien que d'une saleté repoussante pour la plupart, sont superbes. Ils ont vraiment une allure royale, peut-être due à la hauteur de leurs pattes et la longueur de leur cou. Ils sont sveltes
et de petite taille mais ils se sauvent dès que je veux les prendre en photo. Les pauvres sont obligés aussi de faire ramadan car les poubelles sont entassées dehors qu'après l'iftar !

Quant à mon Shaby, il glisse peu à peu vers le statut de Pacha. Il passe son temps allongé de tout son long sur les tapis ou le sofa, de préférence le ventre à l'air afin que le ventilateur du plafond lui caresse les poils. S'il daigne jouer, c'est à condition qu'il n'ait pas à se lever et que je lui mette la ficelle à portée de pattes. Mais il est toujours prompt à courir quand il m'entend préparer sa gamelle.
Et miracle, il passe de plus en plus de temps à se laver. Est-il allergique à la poussière du Caire ?


Demain, vendredi, je vais voir les pyramides avec Corine et Salwa ; mais elles ne veulent pas se lever avec le soleil car c'est congés, dommage.
Nous sommes donc parties à 8 heures toutes trois en taxi réservé pour la journée. Par chance il ne faisait pas trop chaud, la veille le vent s'était levé (et avait chassé toute pollution) et les rues étaient presque vides; ce qui nous a permis d'arriver vite à Gizeh. Mais grande déception ! Depuis deux jours, les taxis ne peuvent plus entrer dans l'enceinte des pyramides. Le chauffeur et Salwa ont essayé de parlementer, rien à faire. Seules les voitures particulières, ou d'hôtels ou même les cars peuvent circuler. Et comme il y a beaucoup à marcher, notre chauffeur nous a conduites chez un ami qui loue des calèches. Fort cher, surtout pour le trajet ! Car si le conducteur a pu entrer sur l'esplanade, il ne pouvait se garer nulle part et donc impossible de nous attendre sur les parkings ! Il a fallu rediscuter. De toute manière, je n'étais pas sûre que le cheval, déformé par trop de charge et d'une maigreur à faire peur, soit capable de nous tirer tout quatre durant des heures ! De plus, mon dos aurait eu du mal a supporter une longue promenade car la calèche dont les roues en bois recouvert seulement d'un peu de caoutchouc, manquaient d'amortisseurs. Donc, nous avons fait beaucoup de calèche en ville, il fallait bien arriver à l'esplanade, et très peu sur le site. Et nous avons bien marché ! Le soleil aidant et malgré le foulard que j'avais mis sur la tête pour me cacher le visage, j'ai le nez tout rouge!

J'ai été très déçue en arrivant, car je me voyais traverser des dunes pour aller découvrir ces merveilles ! Et bien non. Côté nord et ouest, la ville a tout grignoté, même les champs pourtant fertiles du coin. Les maisons sont à quelque mètres des pyramides. Seuls les regards portés vers le sud peuvent englober l'immensité désertique. C'est déjà pas mal. Et quel spectacle que de voir ces monuments dressés, dominant la ville, parce que déjà construits sur un plateau, et de savoir qu'ils sont là depuis une éternité ! Et nous seulement de passage et encore bien court. Il y a quelque chose de magique dans le site.

L'alignement de Chéops, Chephren et Mykerinos à l'est, dans l'ordre croissant, emplifie cette impression ! Et je m'imaginais ce spectacle à la pleine lune, où les ombres des ruines des temples autour se transformeraient en milliers de fantômes.
Le sphinx, en contrebas des pyramides semble vigilant dans son rôle de gardien des lieux. Il n'a pas eu le même effet sur moi. Mais là aussi, il y a une atmosphère d'éternité surtout en voyant presque intacte la partie désensablée.

Vers 13 heures, nous sommes parties vers Saqqara. Heureusement le musée Imhotep était ouvert car il offrait une fraîcheur salvatrice ! Il contient de très belles découvertes du français Philippe Lauer (les plus belles sont au musée du Caire) qui a consacré sa vie à ce site. Il y était encore en 2001, quelques mois avant sa mort à l'âge de 99 ans !

Je comprends cette passion lorsque l'on voit les ruines de cette nécropole sur des kilomètres tout autour de la pyramide à degrés de Djeser, et les reconstructions des parties de temples que l'archéologue a effectuées. Et que de travail il reste encore !
Imhotep était l'architecte de Djeser. Il a construit cette pyramide qui est le plus vieux monument existant au monde et il a été le premier à substituer la pierre au bois dans les monuments d'importance.
Le temple de Djeser concrétise son exploit.
Et tout autour de ce site se trouvent des milliers de tombeaux. Ce sont des sortes de maisons partagées en deux : côté époux et côté épouse. Leur représentation et leur vie sont gravées sur les murs, directement sur la pierre et peintes ensuite. Ceux que nous avons visités sont magnifiques de détails et de précisions dans le dessin. J'étais tellement captivée que je n'ai pas pensé à faire de photos. J'y retournerai certainement, car j'espère avoir l'occasion d'y emmener des amis en visite !

Par christiane
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  • Envoyée du DEFAP (www.defap.fr)pour deux ans en Egypte sous statut de VSI (volontaire de solidarité internationale) comme conseillère pédagogique auprès du Synode du Nil
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