Lundi 6 octobre 2008 1 06 /10 /Oct /2008 12:21

Samedi 20
Rencontre avec une ancienne collègue de Pékin. C'est dire que nous avons eu du mal à nous reconnaître ! Nous avons papoté longuement puis, après le déjeuner, elle m'a conduite sur la promenade le long du que je n'avais pas encore vu ! Tout le quai est bordé de felouques ou petits bateaux que l'on peut louer pour des promenades. Et puis plein de petits cafés. Cela aurait pu être un havre de paix, mais il y a un tel vacarme dû à la circulation et à la musique que chaque bateau règle au plus fort, qu'au bout d'un kilomètre nous avons abandonné.

Mercredi
Comme il faisait bon, 29 ° seulement le matin, je suis retournée au quartier islamique pour visiter une demeure qui vient d'être restaurée et que j'avais repérée lors de ma 1re visite. J'ai suivi pour l'atteindre un autre itinéraire qui me semblait assez attrayant et j'ai été récompensée. Que de beaux monuments, parfois en ruine, mais avec une âme qui traverse les ans et la décrépitude. C'est vrai que ce quartier plein de vie m'attire alors qu'il est dans un état limite d'écroulement. C'est peut-être pour en profiter au maximum avant qu'il ne disparaisse que j'ai plaisir à l'arpenter. Mais j'ai été réconfortée en voyant une plaque à la porte d'un édifice : bureau de la restauration du quartier. Pourvu que ce ne soit pas seulement une administration pour caser des fonctionnaires ! En tout cas l'immeuble, ancien et restauré, est très beau.

J'ai donc visité la demeure "Al Suhaymi", trois maisons de riches commerçants, qui d'après ce que j'ai compris recevaient nombre de leurs confrères venus au Caire pour affaire. La construction est vraiment adaptée aux conditions de vie et de climat du pays. Tout est frais et bien aéré dans les pièces, plafonds très hauts dans les lieux de réception ou de vie, avec dôme "troué" pour ventiler, coins privés plus bas avec plafond en forme de dôme, situés plus au coeur de la maison pour être mieux protégés de la chaleur, couloirs extérieurs ou passages recouverts de treilles ajourées et surtout cours verdoyantes avec bassin d'eau ou fontaine !
 Au fond d'une de ces cours, des photographies de la progression des travaux étaient affichées, depuis l'achat des maisons jusqu'à la réhabilitation complète. Au départ c'était une vraie ruine. Je me demande même comment pouvait encore se trouver presque intacte à l'intérieur une collection de plats en porcelaine de toutes origines : Japon, Chine, Turquie, France, Hollande et Angleterre, exposée dans la salle "bleue". Un mystère ! Il y avait des portes magnifiquement ouvragées, des faïences murales que j'aurais bien vu chez moi et des peintures aux plafonds et sur les poutres qui ne me semblent pas avoir été refaites. J'y suis restée  une bonne heure à profiter au maximum de cet endroit et de la terrasse qui surplombe tout le quartier, au point où le gardien est venu voir ce que je faisais là haut ! je suis rentrée presque à contre coeur, car j'avais demandé à Samuel de m'emmener à l'orphelinat où il fait réviser les devoirs aux enfants l'après midi, car les classes s'arrêtent à 15 h et plus tôt en temps de ramadan.


Une vraie rencontre
L'orphelinat qui accueille des petites chrétiennes de 4 à 18 ans, se trouve dans notre quartier, au 1er étage d'un immeuble. On y accède par des petites ruelles assez crasseuses. Quel contraste avec l'orphelinat qui est d'une propreté impeccable, avec de jolies peintures sur les murs et dans lequel on entent presque les mouches voler ! Samuel m'a présenté à la directrice, soeur Marie Venise, qui m'a fait visiter l'établissement et surtout la nouvelle aile qui venait d'être acquise et restaurée (grâce à  Samuel m'a-t-elle dit qui avait su mobiliser des fonds de son église) et où se trouvaient à cette heure les enfants. Chacune disposait d'un petit bureau dans une immense salle qui servait d'étude. Elles étaient toutes là entrain de faire leurs devoirs. A l'arrivée de Samuel, un groupe s'est formé et est parti avec lui dans une autre pièce pour préparer les cours du lendemain.


Soeur Marie Venise m'a invitée à boire un thé dans son bureau et je n'ai cessée de lui poser des questions sur elle et sur cette maison. Cette femme m'a éblouie. Elle a une telle foi et une telle absolue confiance dans le Seigneur qu'elle déplacerait des montagnes, ce qu'elle fait certainement quotidiennement ! Nous nous sommes mises à communiquer avec beaucoup de joie au point que j'ai eu plusieurs fois les larmes aux yeux tellement j'étais touchée par tant de générosité, d'humilité, de respect de l'autre et le tout avec une force incroyable. Elle a commencé à travailler dans l'orphelinat il y a 10 ans avec 17 enfants. Il y en a maintenant plus de 70 ! L'aide du gouvernement se monte à 80 euros par an ! L'aide de son église n'est guère plus généreuse. Le reste, c'est Dieu qui y pourvoit ! De plus, comme c'est un établissement chrétien, le gouvernement vérifie tout et surtout que les enfants accueillis sont bien d'origine chrétienne et non pas musulmane, d'où le fait qu'elle ne peut les accueillir avant 4 ans. Le devenir de ces enfants, une fois majeur, n'est pas très brillant. C'est la société qui le veut. Je vous expliquerez cela ultérieurement et vous raconterai aussi l'itinéraire de soeur Marie Venise qui est assez exemplaire. J'ai oublié de dire que cette femme parle couramment le français et que les enfants vont dans une école francophone publique. Naturellement, à la suite de notre entretien, elle m'a confié deux fillettes pour que je les aides à préparer leur cours de mathématique du lendemain ! Un vrai plaisir d'une heure !

Par christiane
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 8 octobre 2008 3 08 /10 /Oct /2008 11:06

 Jeudi 25 septembre

Après une nuit bien fraîche où j'ai dû fermer pour la 1re fois l'air conditionné, je pensais que la température me permettrait d'aller explorer un nouveau coin de la ville. Et bien non. Il y avait un vent chaud, sec au point que je m'enduisais continuellement la peau de crème, ce qui m'a contrainte à rester à l'intérieur jusqu'à 5 heures.

Là, me sentant enfermée, sans connexion internet pour me distraire, j'ai décidé de retourner au souk pour prendre des photos au moment de l'ifart. Impossible de photographier ces longues tables entourées de femmes et d'enfants. Dès que je sortais l'appareil, j'avais au moins trois hommes autour de moi, et leur pauvre anglais et mon pauvre arabe ne m'ont pas permis de leur expliquer que je photographiais non la pauvreté de l'Egypte mais cet acte formidable de partage durant le ramadan. Tans pis, vous ne le verrez pas. Peut-être que l'an prochain, si je rentre à temps et suis mieux introduite, j'arriverai à mes fins !

Je me suis quand même balladée et suis rentrée à pied jusqu'au centre ville. Et qu'ai-je vu sur le chemin ? Un immense garage illuminé comme un palais avec devant trois vieilles Citroën d'avant les années 40 et une belle 2CV toute verte !

J'ai entamé mes bouteilles d'alcool, alors que je voulais les garder intactes pour Assiout. Mais l'occasion en valait la peine. Ma voisine américaine, Denise, du 3e étage, arrivée en juillet pour un séjour de trois ans comme consultante auprès d'infirmières dans trois hôpitaux, est venue me rendre visite pour mieux faire connaissance. C'était ma première visite ! Il fallait bien fêter ça ! Nous nous étions croisées deux fois dans l'entrée, avions échangé quelques mots mais elle était à chaque fois pressée devant se rendre à ses cours d'arabe. Aussi avons-nous discuté plus d'une heure et elle serait bien restée plus longtemps si elle n'avait dû se lever à 5h30 pour faire une excursion avec ses élèves au mont St Catherine, dans le Sinaï, à 350 Km du Caire ! Toute une expédition pour seulement 2 jours ! C'est là que je devrais aller la semaine prochaine avec Corine et Salwa, si j'ai récupéré mon passeport, un équipement de sport et si je trouve quelqu'un pour tenir compagnie à Shaby. Denise me racontera dimanche comment cela se passe, et je me ferai ainsi une idée de la difficulté de l'escalade. Car il faut faire la grimpette de nuit pour arriver au sommet au lever du soleil admirer la vue et voir peut-être la mer Rouge

Vendredi
Pas bougé. Juste un tour de quartier en fin d'après midi pour me dégourdir les jambes et pour voir la fin du jeûne. A 18h 30 je suis descendue car Salwa me conduisait chez un kiné français à l'autre bout le la ville dans un quartier très chic appelé Maadi. Car mon pouce est toujours douloureux et ma tendinite au bras ne va pas mieux. Le fait d'avoir aidé le transporteur à porter mes malles la veille de mon départ n'a fait qu'empirer les choses. Je ne peux pas dire que le kiné ait fait grand chose à part de me dire de faire des exercices et de boire beaucoup d'eau ! Mais le quartier était très beau alors, demain, j'irai le voir dans la journée, car j'ai prévu un programme dans ce coin là.

Samedi
Problème avec mon passeport que je n'ai pas encore récupéré avec mon visa. Or mes malles attendent toujours, depuis trois semaines maintennt, à la douane d'être sorties et envoyées à Assiout. Pour cela il faut mon passeport ! Je vais essayer d'y aller avec une copie de mon passeport certifiée du consulat, donc demain j'irai la faire tamponner (aujourd'hui c'est fermé).

Eglises Sainte barb ara el Moallaqah
Rendez vous avait été pris avec mon ancienne collègue au quartier copte, à 11h30 pour voir le musée que je n'avais pu voir la dernière fois pour cause de ramadan et qu'elle n'a jamais vu depuis qu'elle est ici. Et je lui ai proposé d'aller découvrir le quartier. On a déjeuné sur place après le musée, visiter le souk chrétien et nous sommes parties dans les profondeurs visiter les églises et le quartier. Mais ici tout ferme à 16h. Ne restait plus que les natifs et les personnes venues prier dans les églises encore ouvertes. Atmosphère surprenante après le passage de la foule des touristes. Les gens, enfin en paix, étaient tout à leur dévotion et nous faisions partie des leurs.

Puis vers 17 h, je suis allée seule visiter le quartier Maddi. J'ai cru me retrouver des années en arrière à visiter les villes d'Asie du Sud Est ! Celles naturellement "occupées" par les Anglais. Même immeubles très cossus, même maisons superbes avec jardins et pelouses, mais avec ici en plus des rues barrées par des policiers car les très riches propriétaires, aussi bien étrangers qu'Egyptiens, achètent la rue et en interdisent l'accès aux intrus ! Je suis ensuite retournée le soir dans le centre où j'ai pu faire quelques courses dans des supermarchés tout aussi occidentaux.

Dimanche
Coup de fil de ma voisine américaine, Denise, à 9h 30 pour me fixer rendez vous près de son église où elle va assister à la messe. Je vais donc la prendre à la sortie et l'emmène au consulat pour régler mes papiers.
En chemin et là bas, car nous avons attendu 3/4 d'heure -l'employé égyptien du consulat, ayant une course à faire, était parti ! elle m'a raconté son voyage express dans le Sinaï. Arrivée dans la matinée au bord de la mer Rouge, ses jeunes élèves infirmières et elle ont passé la journée à se baigner et à dormir sur la plage.  Après un pick nique copieux, elles sont parties avec le car jusqu'au monastère Ste Catherine, et à 1h30 du matin ont escaladé le mont Moïse à pied pendant 2h30 -3 h. Elles ont loué sur place une couverture aux bédouins et ont dormi par terre 2 heures car 1/2 heure avant le lever du soleil, quelqu'un souffle dans une trompe pour réveiller tout le monde. Et immédiatement après le spectacle du lever du soleil, on redescend pour être à l'ouverture du monastère que l'on ne visite que le matin. Et hop, à 10 h, à nouveau dans le bus pour un retour au Caire à 19 h ! Son commentaire : tous ces efforts pour voir seulement le soleil se lever sur des montagnes rocheuses ! Donc cela ne m'a pas convaincu d'y aller !
Après la visite au Consulat, départ à pied pour le centre Culturel qui m'a téléphoné. Ils ont récupéré mon passeport mais sans le visa ! Comme ce sont les plus longues vacances de l'année, 5 à 6 jours suivant si l'on est musulman ou chrétien, tous les étrangers vivant au Caire, comme les Égyptiens d'ailleurs, veulent en profiter pour partir au bord de la mer. Et pour traverser le Sinaï, il faut le passeport, le centre culturel a pu récupérer les passeports à cette occasion. Je dois le rapporter dimanche avant 9 heures, au cas ou le ministère délivrerait ce jour là le visa...Donc, j'irai lundi sortir mes malles de la douane, afin qu'elles partent à Assiout et que je les trouve dans l'appartement à mon arrivée. J'ai donc réservé une voiture pour aller à l'aéroport à 9 heures, ayant pris rendez vous avec le transporteur à 10h.

Lundi 29
Avant dernier jour de ramadan. Ouf ! Encore un jour et tout le monde se remettra au travail. Mais peut-être qu'il n'y aura aucune différence avant et après. Bon, voilà je préviens la responsable des profs de français que j'annule ma visite dans les classes et je pars pour l'aéroport dédouaner mes malles.
Çà c'est une expérience ! 4 heures de démarches, passages de portes après avoir parlementé, rempli et signé des papiers, puis faire des visites à droite et à gauche pour montrer ma tête aux fonctionnaires. Enfin les malles sont arrivées. Encore attendre et d'un seul coup, le transporteur me donne les clefs pour ouvrir les malles et à ce moment là, au moins 6 douaniers se sont précipités dessus et ont presque tout mis par terre. Et là, je me suis vraiment fâchée car il fallait voir la crasse du sol ! Donc, ils se sont mieux comportés pour la seconde. Lorsque j'ai voulu prendre mes chaussures de marche et mon sac à dos, cela a été impossible à moins de les mettre aux pieds et de laisser les miennes à l'intérieur de la malle, et de  même pour mon sac à main ! Incompréhension totale !Je suis donc repartie sans.

Mardi
J'ai essayé le tram pour me rendre à Héliopolis afin de faire ajuster mes lunettes. Par chance, il est arrivé tout de suite (on peut l'attendre plus de 20 mn) mais je me suis réjouie trop tôt car à la station d'après, il y a eu une panne électrique : 1/2 heure pour remettre le contact.  Enfin nous repartons. Les lunettes ajustées, je me suis ensuite  balladée, j'ai trouvé un magasin qui vendait des recharges d'imprimante (j'en ai rachetée une ici, sans recharge, car la mienne était trop grosse pour rentrer dans m malle). L'après midi, Denise a voulu que je lui montre le trajet en tram car son église et un de se cours se trouvent par là, et me revoilà partie. Lèche vitrines, arrêt dans un café américain spécialisé dans toutes sortes de café, puis traversée du quartier et retour en tram.


Par christiane
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 8 octobre 2008 3 08 /10 /Oct /2008 11:57
 

mercredi-jeudi-vendredi
Corine et Salwa ne veulent pas aller ailleurs qu'au mont Ste Catherine pour les vacances. Moi, je me voyais bien à Alexandrie manger des fruits de mer et me baigner. Ce doit être aussi beau et c'est plus près. Et bien non ! Denise travaillait, sans cela nous aurions bien été par là bas. Ayant la même pointure que moi, elle m'a proposé son équipement au complet (le mien est toujours dans ma malle !) : chaussures chaussettes, sac à dos, lampe torche..afin que j'accompagne les collègues dans le Sinaï. De plus, elle s'est proposée de s'occuper de Sahby, qui ne courent pas à toute vitesse se cacher en la voyant. C'est un miracle.

Nous sommes parties Corine, Salwa et moi, le lendemain pour + de 7 heures de trajet, dans bus un peu déglingué mais avec air conditionné et cinéma ! Et quels films ! Du comique de bas niveau à pleurer.

Il était difficile de voir le paysage, même en étant devant, c'était mon cas, car le chauffeur suspend sur les vitres de devant des rideaux avec dentelles et pompons du plus bel effet. Et tous les passagers craignant le moindre rayon de soleil tirent leurs rideaux. Par chance, après le passage du tunnel sous le canal de Suez, j'ai pu apercevoir au  loin la file de bateaux attendant sur la mer Rouge leur entrée dans le canal.

 Peu de temps après, sont apparues les  constructions de villages de vacances tout le long de la mer. Ce n'est pas très heureux : pas de verdure, des immeubles entassés dans un enclos, et l'entrée est payante!


Puis arrivée au petit hôtel avec chalet individuel, dîner copieux et hop au lit pour être en forme le lendemain car le programme est chargé : visite du monastère le matin, déjeuner sur place, court repos avant l'escalade et la descente du mont Moïse.

Un peu d'histoire : c'est ici qu'a eu lieu l'épisode du buisson ardent où Dieu s'adressa à Moïse pour la 1re fois. On peut voir encore ce buisson (un rejet ?), qui semble être une ronce ! Puis plus tard, c'est sur le mont qui porte désormais son nom que Moïse reçut les Tables de la loi. Au 6me siècle, l'empereur Justinien fit construire une forteresse pour protéger les moines qui s'étaient installés autour du buisson ardent. D'où l'aspect imposant du monastère. Maintenant, il appartient à l'Eglise orthodoxe grecque.


 Arrivée au monastère vers 10 heures juste après le plus gros des troupes de touristes. Il en restait quand même assez pour faire la queue pour entrer dans l'église. Mais heureusement, le musée des trésors des moines ne devait pas être dans leur programme car il n'y avait presque personne. Tant mieux. J'ai fait plusieurs fois le tour pour mieux admirer les icônes dont les plus vieilles datent du 6 me siècle. Il y a aussi des manuscrits (le monastère possède un bibliothèque très riche en livres anciens, que l'on ne visite pas) et des objets de culte.
Quant à l'église, elle est tapissée du haut en bas d'icônes superbes, mais que l'on ne voit pas toujours très bien malgré les immenses lustres allumés au centre de la nef et qui fait briller tous les ors de l'église. Cependant, la mosaïque du 6me siècle de l'abside était en réfection et remplacée par une immense photo en trompe l'œil que l'on a découvert qu'en passant dessous!

Déjeuner et sieste sous la treille du café du monastère avant le grand départ pour le sommet du mont.


J'avais vu le matin à l'hôtel le tracé des deux chemins y conduisant : l'un certainement abrupte (et constitué de pierres servant de marches, j'avais vu une photo), naturellement le plus court, et l'autre plus long et devant être plus adapté aux pèlerins peu entraînés, mais dont les 7-8 km conduisent quand même 800m plus haut! Après une petite erreur d'aiguillage au démarrage, qui nous a fait perdre 1/2 heure, nous voilà toutes trois parties.

Courageuses mais inconscientes, nous avons dédaigné les chameaux dans la montée, pensant les prendre pour la descente. Après les efforts, le repos sur le dos des bêtes  et moins de risque de tomber dans la  nuit.

Le début de la montée fut sans problème.  Quelques petites pauses de temps en temps aux abris des bédouins pour reprendre des forces. Tout allais bien pour moi jusqu'aux marches. 


Je ne sais pas pourquoi j'ai toujours eu de la peine à grimper. Si j'avais été Suisse, j'aurais eu plus l'occasion de m'entraîner ! Mais à Soulac ! De plus mon sac à dos était très lourd, déjà par lui même et par l'équipement chaud prévu pour la tombée du jour. Que d'effort à fournir pour escalader ces 700 dernières marches ! Marche est un bien grand mot pour désigner d'immenses pierres installées les unes sur les autres !  J'ai cru que je n'y arriverai pas ! J'ai du confier mon sac à un Bédouin pour avoir les mains libres pour m'appuyer sur les pierres alentours ! Je suis arrivée juste à temps pour voir le soleil partir sous la brume ! J'ai pris quelques photos très vite, et suis redescendue avec le jour pour mieux voir où je mettais mes pieds ! Pas longtemps hélas ! La nuit est très vite arrivée, et  j'avais encore la moitié des marches à descendre !

Naturellement, je fus doublée par tous les retardataires jusqu'à ce que deux jeunes bangladèches, les derniers visiteurs du lieu, prennent pitié de moi, s'emparent de mon sac et me prennent chacun par un bras. Heureusement car je ne sais pas combien de temps j'aurais mis.  ll faut dire que cela les arrangeait aussi car ils ont pu profiter ainsi de ma lampe torche.
En bas des marches, j'ai retrouvé Corine qui avait perdu Salwa. Et point de chameau aux alentours. Il aurait certainement fallu les réserver en venant ! Donc j'ai repris mon courage à deux mains et accepté à nouveau l'aide de l'un de mes sauveurs, car le plus jeune avait pris Corine par le bras, ce qui n'était pas du tout de son goût ! J'ai commencé à avoir une inflamation d'un tendon au genou qui me ralentissait mes mouvements. J'y suis arrivée quand même et 2 heures après, nous retrouvions Salwa au pied de monastère avec un groupe de Bangladesh qui l'avaient aussi aidée à descendre! Avec quelques mots d'anglais, et d'arabe pour Salwa, nous avons compris qu'ils étaient venus en touriste de Port Saïd où ils travaillent comme menuisier, qu'ils étaient musulmans et que c'était leur première sortie depuis longtemps. Un grand merci à mes sauveurs sans qui je n'aurais pu descendre sans problème.

 


 

Par christiane
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 15 octobre 2008 3 15 /10 /Oct /2008 22:51

Samedi
J'ai encore un peu mal au genou surtout pour descendre les marches, mais je repars en ballade car Denise veut me montrer son centre de gériatrie et veut tester avec moi le trajet en bus. Une heure d'attente presque et aucun bus pour Nasr, un quartier au sud-est d'Héliopolis. Sur les conseils d'une Egyptienne, nous montons dans un autre bus mais qui ne nous mène nullement à l'endroit voulu. Retour au point de départ. Nous referons un autre essai après plus amples explications.
L'après midi, nous jouons les touristes, accompagnées d'une amie égyptienne. Promenade en felouque sur le Nil pendant une heure bien délassante, à la tombée du jour. Le Nil est encombré de bateaux à moteur décorés de mille lumières, avec haut parleurs à fond car c'est fête et beaucoup d'Egyptiens viennent en famille ou entre jeunes ! Mais le spectacle de la nuit qui s'abat sur  le Caire m'émeut encore. Je ne sais l'expliquer. Peut-être est-ce à cause de la rapidité. ll y a quelque chose qui me rappelle à ce moment là la vulnérabilité de l'être.


















Retour à terre et en route pour la représentation de danse soufie (derviches tourneurs) dans un ancien caravansérail situé dans le quartier islamique.
Époustouflant spectacle de plus de 2 heures sans interruption, ou musiciens et danseurs semblent établir un dialogue aux multiples cadences. Grande complicité entre les musiciens d'abord et ensuite avec les danseurs puis communion totale des uns avec les autres et surtout avec Dieu. Un des plus vieux danseur a tourné ainsi près d'une demi-heure aux rythme de la musique et s'est arrêté net sans même tanguer !  
La musique, comme la voix du chanteur, est envoûtante au point que je n'ai eu aucune sensation du durée.

 










Les derviches portent plusieurs robes et les font tourner de plus en plus vite afin qu'elles grimpent au dessus de leur tête :  ensuite les unes après les autres ils les font sortir par la tête dans un jeu de striptease


Lundi,
encore congés, c'est le jour de la fin de la guerre du SinaÏ.

Appel de l'ambassade vers midi, car je suis toujours là à attendre mon visa et l'autorisation de l'ambassade. Un conseiller me demande de rencontrer la consule afin qu'elle puisse juger si je pouvais vivre à Assiout, toute seule ! Donc départ vers le consulat, Je fais la connaissance de la consule qui pensait que j'étais toute jeune ! Elle voulait savoir dans quel cadre j'allais là bas où et comment j'allais être logée et si j'avais des attaches au Caire au cas où, etc. Heureusement que je ne suis pas influençable car j'aurais commencé à me poser des questions sur les risques que j'encourais à séjourner dans cette ville ! C'est moi qui l'ai rassurée en lui disant que j'étais bien préparée à la vie qui m'attendez là bas. Elle m'a dit que j'aurais mon autorisation rapidement. Hier, nouveau coup de fil du conseiller, personne ne savait ou était passé mon passeport que j'avais remis dimanche aux aurores afin d'avoir une chance d'obtenir le même jour mon visa. Je viens d'apprendre que le ministère était fermé ce jour là. Je suis ravie !
J'attends des nouvelles de l'ambassade, et suis un peu moins disponible dans ma tête
pour aller faire du tourisme !


Jeudi soir, je suis invitée à aller à la remise des diplômes de Ramses collèges for girls.

Grande soirée au centre international d'Héliopolis. Il y avait congés ce jour afin que les jeunes filles puissent se préparer à cet évènement. La salle, immense était pleine d'amis et familles des jeunes, que du beau monde, superbement habillé ! Vu le prix des cours dans ce collège, ce n'était pas étonnant. Grand spectacle genre "à l'américaine", défilé des diplômées par ordre de mérite, les meilleures étant revêtues d'une tunique blanche, les autres étaient en bleu. Toutes se sont installées sur l'estrade, face à la salle et les discours (en arabe, en anglais et même un en français) des directeurs, élèves et responsables du Synode du Nil se sont succédés. Puis remise des coupes et des diplômes. C'est curieux de voir ce genre de cérémonie en début d'année scolaire et non à la fin.


Vendredi

J'ai retrouvé Marie France à Zamelec, autre beau quartier de la ville, sur la plus grande île, pour visiter un musée, mais hélas fermé le vendredi. Nous avons donc déambuler dans l'hôtel Marriott, juste à côté, installé dans l'ancien palais construit pour la reine Eugénie, lors de l'inauguration du canal de Suez. Très bel endroit agréable, avec superbe jardin ombragé, piscine et arcade devant l'hôtel. Puis elle m'a montré les nouveaux bâtiments de la mission économique où ils doivent s'installer le 1er novembre. Il y a encore du travail à faire et il y a de fortes chances que le camping soit de rigueur, et cela après 2 années de construction. Après un bon repas, nous sommes allées rejoindre les américaines au souk des bijoutiers car Denise veut commander une croix. J'avais traversé vite fait ce souk le 1er soir de ma visite du quartier islamique, mais comme c'était dimanche, presque toutes les boutiques étaient fermées. Je n'avais pas vu alors tout cet or, entassé dans les vitrines, dont la majorité sous forme de parure de reine. Je me demande bien qui peut acheter ces bijoux et si c'est pour porter où pour mettre au coffre, comme compte en banque. Et la densité de magasins ! Les ruelles n'avaient pas besoin d'être éclairées tellement ça brillait de partout.


Samedi

Toujours pas de visa. Je prépare le plus gros de mes bagages pour pouvoir les confier aux professeurs d'Assiout, qui sont arrivés ce matin pour la cérémonie de la remise du prix d'excellence. Et qui partirons sans moi. Il s'agit de remettre un certificat à la meilleure personne de chaque catégorie travaillant dans chaque école du Synode. Cela va du gardien au directeur, en passant par la femme de ménage et ainsi de suite.

Mais avant, exposition-vente des créations des élèves dans la cour centrale et spectacle de kermesse à l'intérieur de la salle des fêtes, animé par la responsable des professeurs de français du Caire.

J'avais utilisé ses compétences de traductrice le matin pour d'abord rencontrer le directeur de ma future école et ensuite lui demander si je pouvais confier aux professeurs le plus gros de mes bagages lors de leur départ. Aussi, au beau milieu du spectacle, ai-je dû, sur son invitation, me lever afin que tous les professeurs d'Assiout puissent me voir et ils se sont mis à m'applaudir ! Un peu gênée quand même mais ravie nsuite car à la fin de la cérémonie, ceux qui parlaient français ou anglais sont venus me voir et me dire qu'ils m'attendaient avec impatience.


Dimanche

Invitée par les américaines pour aller au temple et passer la journée ensemble. Nous n'étions pas plus nombreux au temple américain qu'à celui de la paroisse de langue française. Je ne sais si je devais m'en réjouir où réfléchir aux causes de cette désaffection. Nous avons très bien déjeuné au restaurant suisse, où j'ai découvert qu'il faisait un très bon pain mis en vente dans la boutique et somme parties à la cité des morts. Nous avons d'abord visité la mosquée qui a le plus beau minaret de tout le Caire (c'est la mosquée dessinée sur les billets d'une pound égypptienne), puis fait un tour dans l'atelier de verrerie en face, mais les ouvrières ne travaillant pas le dimanche, nous n'avons pu qu'admirer les productions. Naturellement j'ai acheté un petit vase en forme de cruche et un autre plus petit pour les petits bouquets. Les deux fleuristes qui se trouvent à la sortie de l'école m'offrent une rose, de temps en temps, et je n'avais qu'un verre pour les accueillir. Belle excuse.

De là, Denise et moi sommes parties explorer la cité des morts. C'est un immense cimetière qui doit faire au moins 1/3 de Paris et dans lequel se sont installés des vivants en mal de logement.

Les tombes égyptiennes sont, comme dans beaucoup d'autres pays, des lieux de rencontre entre vivants et morts et sont donc construits pour y recevoir familles et amis. Plus on est riche, plus la tombe est imposante. Cela va de la simple stèle sur un monticule coincée entre trois murs à la mini mosquée avec belle coupole. Dans les tombes des "riches", il y a une grande pièce principale avec parfois des bancs sur les côtés et derrière un muret ou des parois ajourées, se tient la sépulture du mort. Dans celle qu'un jeune tailleur de pierre nous a ouverte, il y avait la photo du mort et des articles de journaux épinglés sur la paroi, et sous un baldaquin, un énorme chapeau posé sur sa tombe. On en a déduit que c'était un chapelier connu ! Ce mort avait dû prendre la place d'un précédent vu que la tombe semblait assez ancienne.

C'est donc une petite ville avec des rues bordées de murs, ou de monuments, percés de ci de là de portails, parfois magnifiques ou de simples grilles.

Cette partie de la cité paraissait encore être dédiée à sa fonction. Il n'y avait personne dans les rues, quelques voitures passaient sans faire très attention à nous. Comme nous voulions voir la mosquée "bleue", nous avons continué vers le sud. Mais passé une grande artère, c'est un tout autre cimetière que nous avons découvert. Habité celui là. Il y avait des petits vieux assis sur le "seuil", des gamins en uniforme qui rentraient de l'école, des motocyclistes qui garaient leur engin "chez eux" et poules, chèvres, moutons et même vaches campaient dans les tombes. Aucune hostilité, il faut dire que nous étions vêtues très simplement, sans rien pour attirer le regard.

Après plusieurs kilomètres, nous avons atteint, hors les murs, le quartier de la mosquée Bleue. Très endommagé lors du tremblement de terre de 1992, maisons et monuments sont dans un piteux état. Cela a dû émouvoir l'Agha Khan qui finance une grande partie des travaux de restauration des écoles coraniques et mosquées du coin. Je ne sais depuis quand, mais les travaux n'avancent guère. Heureusement, tous les monuments ont été étayés. Un égyptien qui gardait la mosquée et qui parlait anglais nous a fait visiter les lieux, couverts de carreaux de faïence bleue d'Iran, (d'où son surnom) et même fait grimper dans le minaret. Encore des marches de plus de 50 cm de haut ! Mais quelle vue une fois arrivé au 1er étage! C'était la fin de l'après midi et la lumière était toute dorée. Nous sommes rentrées à pied en traversant le sud des souks qui étaient pour la plupart fermés. Cela m'étonne toujours de voir que les magasins sont fermés le dimanche, jour de semaine ici, et ouvert le vendredi, jour férié.

En forme quand même pour répondre à l'invitation à dîner de Samuel. Très bon repas et soirée sympathique. Et j'ai oublié de pendre un photo!

















Lundi
 Comme hier, nous avions aperçu du monde sortir du musée islamique, j'avais demandé à des jeunes devant l'entrée s'il était ouvert. Bien sûr m'ont-ils répondu, mais demain seulement. J'avais vu au restaurant suisse un journal en français qui décrivait l'inauguration des nouvelles salles du musée, fermé depuis longtemps. Je me suis donc rendue ce matin vers 10 heures là bas. Visite ratée car seule la bibliothèque-médiathèque était réouverte. Peut-être dans un mois, ou deux....m'a dit le gardien. A moins que ce ne soit pour la nouvelle année islamique le 7 mars!


Mardi.

Bonne nouvelle, mon visa et l'autorisation de l'ambassade sont là. Ouf !  Enfin, je vais pouvoir partir rejoindre "mon poste". On a décidé avec Salwa que je partirai vendredi. Il y a un délai de 48 heures de réservation obligatoire et c'est un jour de congés donc c'est plus facile pour mon arrivée là bas. Je suis très contente. J'ai invité à diner Corine et Salwa ce soir pour célébrer l'événement, et comme j'avais prévu d'aller avec Denise dans un immense centre commercial près d'Héliopolis pour y acheter un grille pain (ici le pain est très différent du nôtre et ne passe chez moi que grillé) pour l'emporter à Assiout, j'y ai fait quelques courses dans un super marché genre grande surface française avec produit occidentaux. J'ai aussi acheté du vin chilien dans une boutique spécialisée et qui s'est avéré très bon.

 

Par christiane
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 26 novembre 2008 3 26 /11 /Nov /2008 20:26

 

Mercredi15 octobre

Ne sachant pas si j'aurai internent tout de suite en arrivant à Assiout, je suis restée à la maison pour fignoler le blog et installer "skipe" téléphone avant de partir. La mise en route pour remplir le porte-monnaie qui me permettra de financer les coups de fil, est très long. Je n'ai toujours rien dans ma besace ce soir. Dîner simple chez moi, avec Elsa et Samuel.


Jeudi

Je cours chercher mon billet de train, je fais au passage quelques courses de dernières minutes et porte mes courriers à la poste du Hilton (il parait que c'est plus rapide) et hop sur "skype". Impossible de faire apparaître mon versement. Samuel vient à mon secours et me débloque la situation. Je n'avais pas regardé jusqu'en bas de la page les explications complémentaires! Comme il était plus de 8 heures du soir, je me suis précipitée sur les numéros des amis qui n'ont pas internet. Quelle joie de les entendre ! Hélas, je n'ai pu appeler tout le monde, il était déjà bien tard pour certains. 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

    Shaby en voyage ragardant le paysage et les paysans entrain de faire bruler les herbes et pointes de cannes à sucre pour fumer la terre

 

Vendredi

Vers 10 heures, départ à la gare en compagnie de Denise. J'aurais eu un pincement au cœur de ne pouvoir dire au revoir à quelqu'un sur le quai après un bon mois passé au Caire ! Corine et Samuel ayant accompagné ce même jour le nouveau pasteur à Alexandrie.
J'avais exploré la gare la veille mais à une heure tranquille. Que de monde ce matin là, jour de repos. Le quai était encombré de familles entières et de bagages. Moi qui pensais être la seule ainsi chargée : un chat, un grand sac à main, un ordinateur, un sac pour les provisions et mon gros sac à roulettes. Heureusement que j'avais pu confier le reste des bagages aux professeurs d'Assiout quelques jours avant ! Je monte en première, trouve ma place, devant une vitre qui n'avait pas dû voir un chiffon depuis bien longtemps (ce n'est pas grave, les Egyptiens voyagent rideaux tirés, à toute heure) et une porte qui ne fermait pas! Quant aux appui-têtes, heureusement qu'ils étaient écossais. Pas une seule place de libre sauf celle à côté de la mienne. Aussi lorsqu'une jeune mère m'a demandé d'échanger sa place contre la mienne pour être plus a l'aise avec son fils, j'ai expliqué à Shaby qu'il serait mieux sur la tablette à regarder le paysage et j'ai laissé ma place. Le chat était ravi, juste à hauteur du défilé des palmiers.

 

Le train circule entre le Nil et le canal d'irrigation. Dès la sortie du Caire c'est la campagne : tout y est vert, la moindre parcelle est cultivée et protégée du vent par les palmiers. Et cela a été ainsi sans interruption jusqu'à ma destination. De temps en temps apparaissait au loin un massif montagneux, désertique. Dans le train, peu de mouvements, à part le serveur de thé et le contrôleur suivi d'un sous-fifre. Sur les plates formes, et peut-être contre quelque argent, ce dernier installait des cartons sur le sol afin que les personnes âgées ou avec enfants, sans place, puissent s'asseoir.

Après 5 heures 30 de trajet et 350 km plus loin, le train est arrivé avec une demi-heure d'avance, chose exceptionnelle au dire d'un professeur qui m'a manquée. Mais comme j'avais convenu avec le responsable de l'école où j'allais habiter de l'appeler à 50 km environs d'Assiout, j'étais quand même attendue.


Direction l'appartement, que j'avais déjà vu en photo mais qui est bien plus agréable dans la réalité (ci-dessous dans l'immeuble au 2e étage ). J'ai installé le chat, (encore un appartement à découvrir!) et suis partie, moi aussi, explorer les alentours et acheter quelques fruits.

mon immeuble sur le site de l'école, 1er étage à droite ma chambre

Que de verdure et de tranquillité, peu de passants dans des rues bien propres, l'opposé du Caire. Je sens que je vais bien y

vivre, même s'il y a peu de coins à visiter. Je suis allée jusqu'au canal voir le coucher de soleil. Une merveille. La nuit ici tombe d'un seul coup, bien plus rapidement qu'au Caire; je suis donc rentrée pour ouvrir mes bagages les plus utiles. Le chat avait déjà fait connaissance avec les trois pièces, les dessous de lits d'où il est ressorti plus foncé que de nature et les fonds d'armoires. Mais lorsque j'ai voulu déposer mes provisions dans le frigo, j'ai pensé qu'il fallait mieux commencer par le nettoyage et le lessivage... Ce que j'ai fait jusqu'à 10 heures du soir et une partie du lendemain.


Le samedi, ici, tout le monde travaille (à part l'ambassade de France au Caire), réveil en fanfare à 7h 40, ou plus exactement au son du piano et des chants patriotiques des enfants de l'école maternelle qui se trouve au rez-de-chaussée de mon immeuble. J'avais été épargnée au Caire par de ce genre de réveil matin, car mes fenêtres donnent sur les 2 voies rapides, ce qui n'était pas plus agréable mais au moins, comme le bruit de la circulation est constant, on s'y s'habitue.

 

 Face à ce vacarme soudain, Shaby s'est réfugié au fond de l'armoire. Moi, je n'ai guère plus apprécié, mais n'ayant pas mes boules Quies à portée de main, je suis donc sortie du lit. Le petit déjeuner à peine terminé, le professeur responsable, M. Attia est venu me chercher pour me faire visiter la maison et saluer le directeur et ses collaborateurs. De retour à l'appartement, les hommes de mains que j'avais réclamés étaient déjà là à m'attendre car je voulais disposer les meubles de façon plus pratiques et plus à ma convenance. En 15 minutes tout a été fait. Mais rien ne fonctionnait : pas d'eau chaude, pas de téléphone, pas de gaz ou plutôt trop à la cuisinière...les réparateurs se sont activés jusqu'au lundi.

Mardi
J'ai oublié le principal : l'air conditionné du train qui arrivait par à coup (ce devait être pour faire des économies), a fait que j'ai attrapé un énorme rhume bronchiteux avec fièvre qui m'a clouée au lit, ou presque, pendant deux jours. Comme je ne suis pas fragile des bronches, j'ai cru, lundi matin, alors que je sentais quelques picotement dans ma gorge, que je pouvais faire la tournée des écoles et rencontrer les directeurs et professeurs de français. Je n'avais pas pensé, qu'ici, les matins sont frais et encore moins pensé aux conséquences des ventilateurs et des courants d'air des bureaux sur ma personne. Si bien que la nuit venue, j'avais un bonne toux accompagnée de fièvre et j'ai très mal dormi.

Grâce aux médicaments et au repos "au chaud", sans courant d'air il s'entend, je vais mieux et irai demain, samedi, trouver une salle dans chaque école pour faire passer lundi prochain les tests aux professeurs. J'avais observé au Caire, lors du stage de français, qu'il y a une grande disparité de niveaux entre tous les professeurs.

Faire seulement un cours pour tous ne semble pas être la solution idéale. Je compte faire 2 ou 3 groupes en fonction du résultat de ces tests.
Je travaillerai avec chaque groupe une fois par semaine et je     regrouperai les professeurs une fois tous les 15 jours ou tous les mois, suivant le temps qu'ils ont. J'ai aussi demandé à disposer nom pas de 45 mn, temps normal ici pour un cours, mais de 1h 30 car
 j'ai aussi constaté pendant le stage, que le rythme de production n'était pas le même qu'en France.

Plan d'Assiout, mon école est à l'angle du Nil et du canal (pelouse enforme de terrain de sport)

J'ai profité de mon séjour au Caire pour assister aux cours de français. L'enseignement est très différent du nôtre. Ici le but est de savoir par cœur le maximum de choses, et c'est celui qui a le plus de mémoire et qui réfléchit le moins qui a les meilleures notes. Ainsi trouve-t-on des notes de 99,9/100 ! Faire rentrer un peu de pratique de la langue et de plaisir d'apprendre dans cette conception de l'enseignement risque de prendre du temps. Mais je ne désespère pas...


Samedi
Ecole shara Saabit

Je reprends des forces et pars faire la tournée des écoles pour fixer les heures, lieux, et organisation  des tests.
Mes demandes ont été très bien accueillies par les directeurs et les responsables des professeurs de français. Donc je ferai passer les tests dans chaque école, tout le lundi. J'assiste ensuite à un cours et je rentre tout doucement à pied à Haditha "ce qui veut dire "la restaurée" car l'école où j'habite a été fondée par un américain en 1868 et a été depuis restaurée. Elle est tout à fait de style américain : une immense pelouse en entrant, consacrée au sport et bordée de palmiers et d'arbustes fleuris, entourée d'immeubles majestueux regroupant salles de cours, bibliothèque, musée (car un archéologue, M. Pietri, à fait don de ses découvertes à l'école -il y a près de deux mille pièces) administration et habitations. Mais les belles maisons de style colonial des directeurs et professeurs d'antan, en bordure du canal, ne sont plus utilisées à cette fin mais louées pour des manifestions. C'est dommage, elles sont plus au calme et surtout je me serais bien vu dedans!


Ecole El Salam El Haditha , ci-dessus et ci-dessous vu de l'autre rive du canal à la tombée de la nuit

Par christiane
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Juin 2012
L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30  
<< < > >>

Profil

  • Christiane
  • Le blog de christiane
  • Femme
  • 02/01/2000
  • Envoyée du DEFAP (www.defap.fr)pour deux ans en Egypte sous statut de VSI (volontaire de solidarité internationale) comme conseillère pédagogique auprès du Synode du Nil
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés