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Shabyenegypte


Mon rêve était de voir avant de partir Abydos et Dendoras, deux temples qui ont eu la vie sauve grâce à leur ensablement pendant des siècles. Aussi lorsqu’Ereny m’a proposé que l’on
parte ensemble pour le WE à nouveau, pour moi, à Luxor, j’ai accepté à la condition qu’elle m’aide à rejoindre ces deux sites pharaonniques, réputés pour être les plus beaux d’Egypte. Mal m’en a
pris, car voyager avec un Égyptienne très gâtée par la vie, demande du temps, de la patience et beaucoup d’argent ! Bon, le principal est d’avoir pu visiter les deux temples.
Une petite halte d’abord à Sohag pour voir la nouvelle école du Synode, nouvelle pas trop, car vieille de presque dix ans, mais c’est la seule école
pensée, construite, et installée par cet organisme depuis qu’il est totalement dirigé par des Egyptiens.
Et ce n’est pas une réussite. D’abord, c’est à 17 kms de Sohag, car le terrain, là-bas était bon marché, et pour cause, c’est un endroit totalement désertique, collé au pied de la
montagne exposée sud-ouest ; ensuite par son architecture, deux blocs de bâtiments, disposés n’importe comment sur le terrain et de plus avec un aménagement sans réflexion, peu adapté à une
école. Si bien que les bureaux administratifs sont au rez-de chaussée et les maternelles dans les étages ! Quant à l’environnement, aucun arbre n’a été planté, aucune ombre à l’horizon, seul
un tout petit préau en tôle ondulé a été installé, une vraie fournaise dès le printemps. Et comme l’endroit est déjà très chaud…Je me demande comment ils arrivent à recruter élèves et
profs.
Visite de la ville, qui n’a rien de folichon, même pas un souk ou une vieille ville et pas de
corniche sur le Nil non plus. Encore quelques belles maisons des années 30, mais pour combien de temps ? Et impossible d’aller voir la ville romaine à quelques kilomètres de là, la peur de
la police s’étant emparée d’Ereny, qui se voyait déjà arrêter ! Pour quelle raison ? Mystère…
Le trajet Sohag Abidos a dévoilé une région très riche, en tout cas bien plus luxuriante qu’aux alentours d’Assiout. Champs plus grands, belles maisons, villages presque opulents, et de somptueux pigeonniers.
L’arrivée sur Abydos m’a un peu déçue, tout comme les pyramides, le terrain alentour a été largement englouti par les habitations faites de bric et de
broc. De plus, un nouvel aménagement pour touristes est en construction à l’entrée, avec salle d’accueil, magasins de souvenirs, salle d’expositions et cafétéria, le tout dans du béton et du
verre, en place et lieu d’une immense pergola de vigne et fleurs, bien ventilée, abritant une buvette et quelques présentoirs de produits locaux, heureusement encore accessibles lors de mon
passage et dont nous avons bien profité.

Une fois dans le temple, c’est un vrai régal ! Nous y
sommes restées presque deux heures à contempler l’architecture, à admirer les bas-reliefs de toute beauté, les peintures restantes et à s’imprégner de l’atmosphère si étrange qui s’y
dégage : mélange d’intimidé et de grandeur mystique.
Malheureusement,
mon appareil photo ne se règle pas bien sur la lumière artificielle et plus de la moitié des photos prises sont surexposées.
Après un repos bien mérité à Luxor (car avec 37 °
depuis notre départ, il faut se remettre du rythme des visites et promenades), dans mon charmant petit hôtel typiquement local, départ pour Dendérah. J’avais vu les gravures de David Roberts et j‘en avais tiré l’impression d’un immense temple au centre d’une immensité
sableuse.
Pour l’environnement, je ne m’étais pas trompée,
c’est le seul temple que j’ai vu jusqu’à présent sans âme qui vive autour, dans son « jus », mais justement semblant bien petit et perdu
dans cette immensité désertique ! En fait, il est grandiose, colossal, en tout, dans son architecture (18 m de haut) et de par la surface occupée au sol
(tout temple possédait ses annexes nécessaires à son
administration, à la vie des prêtres, ses réserves, ses tombeaux, ses sanctuaires secondaires…), soit 1km2 entouré par une muraille de 10 mètres d’épaisseur et autant de hauteur.
Consacré à Hathor, la déesse de l’amour et de la musique, sa
représentation, dont le visage a été martelé par les coptes qui occupèrent ensuite le lieu, se trouve sur chaque chapiteau du vestibule.
présence renouvelée partout dans le temple. Ici
aussi, les bas-reliefs sont superbes, les chapelles, très nombreuses, et les cryptes secrètes sont toutes décorées, pas un mètres carré qui ne soit travaillé : découverte du plafond
entièrement peint (et qui dans le vestibule est entrain d’être
restauré, car noircit par les fumées de l'encens),
regroupant toutes les connaissances astrologiques de l’époque, ainsi que le zodiaque au plafond d’une petite chapelle installée sur le toit mais dont l’original se trouve au Louvre, car emportés
par les savants de Napoléon qui ont travaillé les premiers sur ce temple.

Même l'extérieur est décoré, et même les murs des
chapelles sur le toit, au dos du temple, Cléopatre et son fis Césarion se trouvent représentés, la reine s'étant rendue dans ce temple pour faire valoir ses droits sur la Haute
Egypte.
Et tout autour se trouvent ce que l'on appelle les
maisons natales, genre de petit temple utilisé pour des cérémonies spéciales; les coptes se sont installés dans l'une d'entre-elles, mais peu de choses subsistent de cette église à
part quelques sculptures sur des linteeaux de portes.
Et puis il y a le réservoir encore en parfait état, à
part que les palmiers ont remplacé l'eau. Ce réservoir servait aux moments des fêtes à représenter le Nil et donc à sortir les barques royales.
Peu de touristes à cette heure matinale, mais des classes,
certainement des environs, ce qui m'a surprise agréablement car peu d'Egyptiens sont intéressés par leur patrimoine, même pharaonnique ! Alors que nous sommes à 300 km environs de Luxor, seul un
professeur d'Assiout s'est rendu dans cette ville !
Pour terminer notre We, un petit tour à Luxor où je voulais montrer la mosquée et la vue que l'on a sur le temple de Luxor. Beaucoup de réticence de la part d'Ereny pour entrer dans la mosquée, toujours cette peur qui lui interdit de pénétrer dans l'autre camp, cette impréssion de transgresser...Mais elle a cédé tout en mettant ses pas dans le miens pour être sûre d'être sur le bon chemin !
Et que vois-je le long des grilles qui auraient dû permettre d'admirer les fresques sur le tempe de Luxor ? De beaux paneaux de bois, tout juste vernis.....Alors d'ici que les colonnes sculptées soient elles-même dissimulées à la vue des fidèles dans la salle des prières, il n'y a pas longtemps à attendre. J'irai voir à ma prochaine visite !
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